One Shot Exhibition
December 20th 2014 from 4pm

9 rue Battenheim - Mulhouse (FR)

2014, courtesy of the artist

With Yvan Etienne, Fériel & Roxane, Laurent Isnard, Lus' Bueva, Héloïse Monfourny & Aurélien Finance, Mathieu & others.



Je suis dans une maison de fonction qui se situe en plein milieu d’une école primaire. Elle représente le foyer du concierge et je me suis retrouvée, à prendre sa place, malgré moi, sans remplir sa fonction.


Pendant la journée, la maison est remplie de vie car elle se situe au centre du préau et le bruit des enfants encercle la maison à 360°.


La nuit, tout devient désert et la solitude devient omniprésente. Tout bruit s'entend et tout bruissement devient déconcertant. Parfois, une alarme se déclenche et il ne faut rien faire, juste attendre qu'elle s'arrête.


Le fait de vivre au rez-de chaussée à la vue de tous me fait penser que je suis plantée sur un pivot qui tourne à 360°. Les fenêtres courent sur toute longueur et largeur et on est visible de tous les angles de la maison. J’ai un voisin qui fume toute la journée sur son balcon en me regardant fixement et il y a un petit vieux qui m’adresse la parole chaque fois qu’il me voit depuis sa fenêtre. J’ai donc obstrué toutes les fenêtres avec de la bâche fumée.


Il y a une porte qui s’ouvre directement sur des escaliers qui mènent au sous-sol. Il y a une nouvelle dimension d’incertitude au quotidien. Parfois, j’entends de la vie qui se passe en bas et aussi l’approche de quelqu’un à ma porte : les hallucinations deviennent alors sous-jacentes.


Dans le sous-sol, il y a une petite chambre peinte en rose et un grand tunnel qui mène quelque part. Le nouveau concierge m’a raconté que la chambre rose du sous-sol était la chambre de l’enfant de l’ancien concierge.


À côté de la chambre rose, il y a une porte qui s’ouvre sur un long tunnel. Je n’ai jamais su jusqu’où il mène. Il doit se connecter à l’école. Je n’ai jamais eu les clefs pour bloquer le passage du tunnel jusqu’à cette porte qui arrive directement à l’intérieur de la maison.


Un nouvel espace sous la maison s’ouvre à moi. Déconcertée, ne sachant pas la grandeur de vie qui s’y passe, mon imagination se développe. Les murs de la maison suintent, l’humidité rentre dans les draps, frissons et sueurs froides envoûtent les nuits.


Très tôt le matin, au réveil et tard la nuit, au coucher, les croassements des corbeaux survolent la maison. Le vent, le froid, les courants d’air, l’ambiance de l’hiver tapent sur Mulhouse. Les corbeaux en sont maîtres : Crows are Kingdom.


Des toupies traversent cette maison une fin d’après-midi qui s'écoulera tout au long de la nuit jusqu'à ce que le silence redevienne.

Finalement, je deviens fantôme de ma propre histoire, de mon propre passage.

La maison reste. La maison continue.



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